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Zinguerie et corniches à Namur : gouttières et chéneaux

Le mur verdit sous la corniche. L’enduit cloque au même endroit chaque hiver, la cave sent l’humidité, et pourtant la toiture semble intacte. Neuf fois sur dix, l’eau ne vient pas du toit : elle vient de ce qui devait l’évacuer. Gouttières, chéneaux, descentes, noues : nous remplaçons en zinc ou en aluminium, avec des pentes qui envoient réellement l’eau vers la descente au lieu de la laisser stationner.

Ce qui se passe

L’eau qui n’arrive jamais jusqu’à la descente

Trois mots reviennent sans arrêt et ne désignent pas la même pièce : la corniche est l’ouvrage en débord de toit, le chéneau la partie encaissée ou posée derrière un acrotère, la gouttière le profil pendu sous l’égout. Tous trois ont le même travail : conduire l’eau du versant jusqu’à la descente, puis jusqu’à l’égout. Et il se fait mal dès qu’un des trois maillons faiblit. Le premier, c’est la pente. Un chéneau posé de niveau, ou dont les crochets ont fatigué, garde un fond d’eau en permanence. Ce fond stagnant attaque la soudure par l’intérieur, retient les feuilles, et gèle en hiver en écartant les joints. Le deuxième, c’est le joint. Le zinc se dilate beaucoup avec la chaleur. Une grande longueur soudée sans jeu de dilatation finit par se fissurer au point le plus contraint, souvent près d’un angle. Le troisième, c’est la descente. Un coude bouché ou un dauphin fêlé renvoie l’eau contre la façade à chaque forte pluie. Le résultat se lit sur le bâtiment avant de se lire sur le toit : mousse verte le long d’une ligne verticale, enduit qui se décolle, brique qui gèle et s’écaille, humidité en pied de mur.

Les signes qui doivent alerter

  • Une traînée verte sur la façade, toujours sous le même point
  • De l’eau qui passe par-dessus le bord pendant les fortes pluies
  • Un bruit de goutte dans la descente alors qu’il ne pleut plus
  • Des plaques d’enduit qui se décollent en pied de mur
Chéneau en zinc neuf le long d’une toiture en tuiles noires au coucher du soleil
Notre façon de faire

Notre façon de reprendre une corniche

Une corniche se juge à l’échelle, pas depuis le trottoir. Nous regardons le fond, la pente réelle, l’état des crochets et la sortie de descente. Beaucoup de débordements viennent d’un défaut ponctuel qui se répare. Nous le disons quand c’est le cas, plutôt que de proposer un remplacement complet.

  1. 01

    Relevé et mise à niveau

    Nous posons un niveau sur toute la longueur pour voir où l’eau s’arrête réellement. Une corniche a besoin d’une pente continue vers la descente, faible mais franche. Les crochets qui ont plié sont remplacés, et la ligne est reprise au cordeau avant toute pose. Sans cette étape, un chéneau neuf reproduit exactement le défaut de l’ancien, et vous rappellerez dans deux ans pour le même problème.

  2. 02

    Dépose de l’existant

    L’ancien profil est déposé par sections, avec les crochets et les colliers. C’est le moment où l’on voit le bois de la planche de rive et le pied de chevron, souvent gorgés d’eau derrière une corniche qui fuit depuis longtemps. Le bois attaqué est traité ou remplacé avant la pose du neuf. Poser un zinc neuf sur une planche pourrie ne fait que repousser le problème de quelques années.

  3. 03

    Façonnage et pose

    Les profils sont façonnés à la longueur du bâtiment, avec les jeux de dilatation aux emplacements que le métal impose. Les angles et les raccords sont soudés à l’étain sur le zinc, assemblés à joint sur l’aluminium. Les naissances sont positionnées au point bas réel, pas au milieu par symétrie. Les crochets sont fixés au pas nécessaire pour que la ligne ne fléchisse pas sous le poids de l’eau et de la neige.

  4. 04

    Descentes et rejets

    La descente est remontée à l’aplomb, avec assez de colliers pour qu’elle ne batte pas contre le mur au vent. Le coude de pied et le dauphin sont vérifiés jusqu’au raccord d’égout ; c’est là que se logent les vieux bouchons. Nous contrôlons enfin l’écoulement en eau, au tuyau, sur toute la longueur de la corniche.

Le choix à faire

Zinc ou aluminium

Les deux matériaux tiennent dehors sans peinture. Ils ne se travaillent pas de la même façon, n’ont pas le même aspect en vieillissant, et ne coûtent pas la même chose. Sur une maison de caractère, le zinc s’impose souvent pour des raisons d’aspect autant que d’usage. Sur une construction récente, l’aluminium se défend très bien.

Zinc

Quand la corniche est visible, sur un bâti ancien, ou quand la forme demande des façonnages particuliers : angles rentrants, habillages moulurés, raccords avec une couverture en ardoises.

  • Se soude à l’étain, formes libres
  • Patine grise mate avec le temps
  • Demande des jeux de dilatation calculés

Aluminium laqué

Quand on cherche une ligne nette et une pose en grande longueur, sur une construction récente ou une annexe. Intéressant aussi quand le zinc ne convient pas au ruissellement du versant, le cas se regarde à chaque fois, tous les ruissellements n’attaquent pas les deux métaux de la même façon.

  • Profilé en continu, très peu de joints
  • Teinte laquée au choix, garantie fabricant
  • Léger, et il ne se corrode pas comme un acier
Sur nos chantiers

À quoi ça ressemble en vrai

Chéneau en zinc neuf le long d’une toiture, en fin de journée
Descente d’eau pluviale en zinc raccordée à la naissance de gouttière
Noue en zinc entre deux versants de toiture
Questions fréquentes

Ce qu’on nous demande sur ce poste

Ma gouttière déborde à chaque orage, est-elle trop petite ?

Parfois, mais c’est rarement la première cause. Avant de parler de section, on regarde trois choses. La pente : un fond plat noie la naissance et l’eau passe par-dessus le bord avant même d’atteindre la descente. Le point bas : si la corniche a fléchi au milieu, l’eau s’accumule là et déborde là, même avec une grande section. Et la descente : un coude à moitié bouché limite le débit bien plus que le profil de la gouttière. Le sous-dimensionnement existe, notamment quand une grande surface de versant se déverse dans une seule descente, ou après une extension qui a augmenté la surface collectée sans toucher à l’évacuation. Cela se calcule, et c’est le dernier point qu’on vérifie, pas le premier.

Peut-on remplacer une partie de corniche seulement ?

Oui, et c’est courant. Un angle fendu, une naissance déchirée, une section de trois mètres qui a pris un coup de branche : cela se remplace sans toucher au reste, à condition de retrouver le profil existant. Deux réserves honnêtes. La teinte ne correspondra pas exactement : un zinc neuf est brillant et met plusieurs années à rejoindre la patine du voisin, et un aluminium laqué ancien a pâli. Ensuite, si le reste de la corniche a le même âge et les mêmes soudures fatiguées, la réparation ponctuelle ne fait que déplacer le prochain point de rupture. Nous vous donnons l’état de l’ensemble, pas seulement de la zone qui fuit.

Faut-il poser des crapaudines ou des grilles anti-feuilles ?

Cela dépend de ce qui tombe chez vous. Une crapaudine à la naissance de chaque descente est presque toujours utile : elle arrête les feuilles et les brindilles avant le coude, là où le bouchon est le plus difficile à atteindre. Les grilles qui couvrent toute la longueur de la gouttière, c’est plus discutable. Sous un feuillu, elles se colmatent en surface et l’eau finit par passer par-dessus sans jamais entrer ; il faut alors les nettoyer, donc les démonter. Sous un conifère, les aiguilles traversent la plupart des mailles. Elles rendent service dans certaines configurations, pas partout. Aucune ne dispense d’un contrôle après la chute des feuilles.

Une corniche en zinc demande-t-elle un entretien ?

Pas d’entretien du métal lui-même : le zinc se patine et cette couche le protège. Ce qui demande de l’attention, c’est ce qui se dépose dedans. Les feuilles et la mousse venue du versant retiennent l’eau et l’acidifient, et c’est cette eau stagnante qui attaque le zinc par l’intérieur, à l’endroit le plus difficile à voir. Un passage par an, en fin d’automne, suffit dans la plupart des cas : on vide, on rince, on regarde les soudures et les crochets. Évitez la haute pression dirigée sur les soudures, qui fatigue les points faibles. Et si une gouttière garde un fond d’eau après rinçage, c’est la pente qu’il faut reprendre, pas le nettoyage qu’il faut refaire.

Le versant alimente une citerne : cela change-t-il le choix du métal ?

Cela entre dans la discussion, oui. Nous en parlons avant de choisir plutôt qu’après la pose, et nous prévoyons de rejeter ailleurs les premières eaux d’une zinguerie neuve, le temps que la surface se stabilise. Si vous avez un doute sur l’usage que vous faites de cette eau, la question se pose à votre distributeur ou à votre commune : nous posons la zinguerie, nous ne nous prononçons pas sur la potabilité.

Peut-on poser de la zinguerie en hiver ?

Pas par n’importe quel temps. Le zinc se façonne et se soude mal au froid : sous quelques degrés, nous décalons la zinguerie plutôt que de la poser dans des conditions où la soudure ne tiendra pas. La couverture, elle, se pose tant qu’il ne gèle pas et qu’il ne vente pas trop fort. C’est pour cela qu’un chantier d’hiver s’organise dans un ordre différent : on referme d’abord, on soigne les finitions métalliques au premier redoux.

Zinguerie et corniches

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