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Couverture en tuiles à Namur : pose et rénovation

Vous ramassez un morceau de terre cuite dans l’allée après un coup de vent. Vous montez voir, et ce n’est pas la tuile qui a lâché : c’est le liteau sous elle qui ne retient plus rien. Une couverture en tuiles vieillit par en dessous, par ce qui ne se voit pas depuis le sol. Nous remplaçons ponctuellement quand le désordre est ponctuel, et nous déposons le versant quand le support est en cause.

Ce qui se passe

Ce n’est presque jamais la tuile qui est en cause

Une terre cuite bien cuite traverse facilement plusieurs générations. Ce qui l’abandonne, c’est tout ce qui la tient. Le liteau d’abord. C’est la latte horizontale sur laquelle la tuile s’accroche par son tenon. S’il prend l’humidité, il se ramollit, le clou ne tient plus, et la tuile descend de quelques centimètres. Elle ne tombe pas : elle glisse. Le recouvrement avec la rangée du dessous diminue, le pureau s’ouvre, et la pluie poussée par le vent passe par-dessous. Le faîtage ensuite. Les faîtières scellées au mortier se descellent en vieillissant, parce que le mortier est rigide et que la charpente, elle, travaille au fil des saisons. Une faîtière qui bouge finit par se poser en travers. Et puis les points singuliers : noues, rives, raccord de cheminée. C’est là que l’eau se concentre, donc là qu’elle trouve le chemin. Tant qu’il n’y a pas d’écran de sous-toiture, la moindre tuile déplacée envoie l’eau directement sur la charpente.

Les signes qui doivent alerter

  • Une rangée de tuiles visiblement plus basse que ses voisines
  • Des morceaux de terre cuite retrouvés au pied de la façade
  • Du jour visible depuis le grenier, entre les tuiles
  • Des faîtières qui bougent à la main, du mortier qui tombe
Rangées de tuiles en terre cuite noires vernissées fraîchement posées
Notre façon de faire

Comment nous procédons, de la visite à la dernière rive

Deux chantiers portent le même nom et n’ont rien à voir. Remplacer trente tuiles cassées, c’est une chose. Déposer un versant pour refaire le support, c’en est une autre, et cela change la maison pour longtemps. La visite sert d’abord à savoir dans lequel des deux vous vous trouvez. Nous n’ouvrons jamais plus de toiture que ce que nous pouvons refermer le soir même : si la météo tourne, la zone ouverte est bâchée et lestée avant que nous quittions le chantier, pas au petit matin suivant.

  1. 01

    Montée sur toiture et grenier

    Nous regardons des deux côtés. Sur le toit : l’alignement des rangées, l’état des fixations, les tuiles fêlées, le scellement du faîtage. Sous le toit : la lumière qui passe, les traces de coulure sur les chevrons, l’humidité du bois, la présence ou non d’un écran de sous-toiture. C’est le grenier qui dit la vérité sur l’état réel du versant, pas la vue depuis la rue.

  2. 02

    Dépose et tri des tuiles

    Les tuiles sont déposées rangée par rangée et triées au fur et à mesure. Celles qui sont saines partent sur palette, à l’abri, pour être reposées ensuite. Les autres sont évacuées. Sur une couverture ancienne, une bonne part se récupère, ce qui réduit la fourniture et garde l’aspect d’origine du versant. La proportion se chiffre après le tri, pas avant.

  3. 03

    Écran de sous-toiture et liteaunage

    Un écran de sous-toiture souple est agrafé sur les chevrons, avec recouvrement entre les lés et une retombée en gouttière, pour que l’eau accidentelle y arrive vraiment. Les contre-liteaux viennent par-dessus, dans le sens de la pente : ils créent la lame d’air qui laisse le bois sécher. Les liteaux se clouent ensuite, à l’écartement du pureau de la tuile utilisée.

  4. 04

    Repose et calepinage

    Les tuiles sont remontées et reposées au pureau régulier, rangées vérifiées au cordeau. En rive, les tuiles de bord ferment le versant contre le vent. Dans les zones exposées, les tuiles sont fixées mécaniquement plutôt que simplement posées. Les tuiles à couper le sont à la disqueuse, jamais cassées à la main, sinon le trait de coupe se voit depuis le sol.

  5. 05

    Faîtage, noues, raccords

    Le faîtage se pose à sec sur closoir ventilé plutôt qu’au mortier : il laisse l’air sortir en haut du versant et il ne se descelle pas. Les noues sont reprises en zinc, le raccord de cheminée reçoit son solin. Les tuiles spéciales, à douille ou chatière, sont replacées aux bons endroits. On termine par la gouttière, vidée des débris du chantier.

Le choix à faire

Terre cuite ou béton : ce que ça change sur le toit

Les deux tiennent la pluie, les deux se posent sur le même support. La différence se joue sur le poids que la charpente doit porter, sur l’aspect dans dix ans, et sur ce qui existe déjà autour de la maison. Le modèle en place compte aussi : un versant partiellement refait doit retomber sur le même pureau.

Tuile en terre cuite

Quand vous voulez retrouver l’aspect d’une maison ancienne, ou quand la charpente est légère et supporte mal une surcharge. C’est aussi le choix quand une partie seulement du versant est refaite et doit s’accorder au reste.

  • Teinte dans la masse, qui évolue peu
  • Plus légère à porter pour la charpente
  • Large choix de profils et de pièces spéciales

Tuile en béton

Quand la surface est grande et la charpente solide. La tuile béton se pose vite, ses tolérances dimensionnelles sont serrées, et sa fourniture pèse moins lourd dans le budget sur un grand versant.

  • Plus lourde, charpente à vérifier avant
  • Dimensions très régulières, pose rapide
  • Teinte de surface qui se patine avec le temps

Repose des tuiles existantes

Quand les tuiles sont saines et que seul le support est fatigué. On dépose, on refait écran et liteaunage, puis on repose les mêmes tuiles en complétant ce qui manque. Le versant garde exactement son aspect.

  • Tri sur palette avant repose
  • Complément cherché en tuile de récupération
  • Aucun changement d’aspect vu du sol
Sur nos chantiers

À quoi ça ressemble en vrai

Couvreur posant les tuiles faîtières sur une toiture en tuiles noires
Pose de tuiles en cours sur un versant, liteaunage encore visible
Détail de tuiles en terre cuite noires vernissées au pureau régulier
Questions fréquentes

Ce qu’on nous demande sur ce poste

Faut-il fixer toutes les tuiles, ou est-ce que le poids suffit ?

Le poids suffit sur la plus grande partie d’un versant courant. La tuile s’accroche par son tenon au liteau et se cale contre ses voisines. Mais certaines zones demandent une fixation mécanique : les premières rangées en bas de versant, les rives, le pourtour des ouvertures, le faîtage, et l’ensemble du versant lorsque la pente est forte ou la maison très exposée au vent. C’est là que le vent crée une dépression et soulève la tuile par-dessous. Sur une couverture ancienne, ces fixations ont souvent disparu avec la rouille des clous. Lors d’une rénovation, on les remet systématiquement, avec des crochets ou des vis inox qui ne rouillent pas.

À quoi sert l’écran de sous-toiture, puisque les tuiles sont déjà étanches ?

Les tuiles ne sont pas étanches, elles sont couvrantes. Elles évacuent l’eau qui tombe dessus, mais une pluie battante poussée par le vent remonte sous le recouvrement, et une tuile déplacée ouvre un passage direct. L’écran de sous-toiture est la deuxième ligne. C’est une membrane souple posée sur les chevrons, sous les liteaux, qui récupère cette eau et la conduit jusqu’à la gouttière. Il arrête aussi la neige poudreuse, qui passe là où la pluie ne passerait pas. Une maison qui n’en a pas n’est pas condamnée pour autant : beaucoup de couvertures anciennes ont toujours fonctionné sans. Mais dès qu’on dépose un versant, il n’y a aucune raison de ne pas en poser un.

Le faîtage scellé au mortier, c’est dépassé ?

Disons plutôt que le scellement au mortier a un défaut connu. Le mortier est rigide, la charpente bouge avec les saisons, et à force de petits mouvements le joint se fissure puis se détache par plaques. Vous retrouvez des morceaux dans la gouttière, et les faîtières finissent par se déplacer. Le faîtage à sec pose les faîtières sur un closoir ventilé qui suit ces mouvements et laisse l’air sortir en haut du versant. Cette ventilation compte autant que l’étanchéité : c’est elle qui évacue l’humidité qui monte sous la couverture. Nous posons à sec par défaut. Le mortier reste possible quand l’aspect existant l’impose, notamment sur certaines maisons anciennes.

Des oiseaux nichent sous mes tuiles, est-ce un problème ?

Ce n’est pas la couverture qui souffre en premier, c’est ce qu’il y a dessous. Un oiseau ne soulève pas une tuile, mais il se glisse par un about de rangée resté ouvert ou par une chatière cassée, et il déchire l’écran de sous-toiture pour installer son nid. Les nids bouchent aussi la lame d’air en bas de versant, là où l’air doit entrer. La ventilation s’arrête, le bois reste humide. La réponse n’est pas de tout boucher, sinon la toiture ne respire plus du tout. On ferme le bas de versant avec un peigne d’égout, qui laisse passer l’air et pas l’oiseau, et on remplace les chatières cassées. L’intervention se fait hors période de nidification.

Quelques tuiles ont bougé après un coup de vent, est-ce grave ?

Une tuile déplacée n’est pas dramatique en soi, mais elle ne se remet pas toute seule et elle en entraîne d’autres. Le pureau s’ouvre à cet endroit, la pluie suivante passe dessous, et si la maison n’a pas d’écran de sous-toiture l’eau arrive directement sur le chevron et le liteau. Le bois mouillé relâche ses clous, donc la rangée voisine bouge à son tour. C’est comme ça qu’un versant se dégarnit par plaques en deux hivers. Il faut donc remettre les tuiles en place, mais surtout comprendre pourquoi elles ont bougé : fixations absentes, liteau pourri, rive ouverte au vent. Sinon le prochain coup de vent produira exactement le même résultat.

Couverture en tuiles

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