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Cheminées et solins à Namur : étanchéité de la souche

La tache au plafond de la chambre est apparue après un hiver pluvieux, à un mètre de l’axe de la cheminée. Sur le toit, rien ne manque, aucune tuile n’a bougé. Le point de passage est le solin : la pièce métallique qui ferme la jonction entre la maçonnerie de la souche et la couverture. Nous reprenons ce solin en zinc ou en plomb, nous rejointoyons la souche, nous posons un mitron. Et nous démontons la souche quand elle ne sert plus.

Ce qui se passe

La souche, le point le plus exposé du toit

Une souche de cheminée dépasse du toit. Elle prend le vent de face, la pluie battante, le gel et le soleil sans aucune protection latérale. Le mortier des joints cède en premier. Il se gorge d’eau, gèle, se pulvérise, et laisse des creux entre les briques. L’eau entre alors par la maçonnerie elle-même, descend dans l’épaisseur de la souche et ressort plus bas, à l’intérieur. Le solin est le second point. Il ferme la jonction sur quatre côtés qui ne travaillent pas pareil : côté amont il doit dévier l’eau qui descend du versant, côté aval il doit la laisser filer. Un solin simplement cimenté contre la brique finit toujours par se fissurer, parce que le mortier ne suit ni les mouvements du métal ni ceux de la charpente. Ajoutez la souche hors service, bouchée sans ventilation : l’humidité s’y accumule et ressort sur le conduit, avec des auréoles et une odeur de suie.

Les signes qui doivent alerter

  • Une auréole au plafond, à l’aplomb du conduit ou juste à côté
  • Des joints creusés entre les briques de la souche, visibles du sol
  • Du mortier qui tombe dans la gouttière après un coup de gel
  • Une odeur de suie humide dans la pièce où passe le conduit
Souche de cheminée en briques surmontée de mitrons en terre cuite
Notre façon de faire

Comment nous reprenons une souche

On ne répare pas un solin sans regarder la maçonnerie, ni l’inverse. L’eau emprunte le chemin le plus facile, et ce chemin change d’un toit à l’autre. Nous montons d’abord identifier le point d’entrée réel, parce que la tache intérieure ne se trouve presque jamais à la verticale de la fuite.

  1. 01

    Localiser l’entrée d’eau

    Nous examinons les quatre faces de la souche, le couronnement, les joints et l’état du solin existant. Une trace de ruissellement à l’intérieur du conduit, une efflorescence blanche sur la brique, un joint creusé : chaque indice oriente la recherche. Quand le doute subsiste, un essai à l’eau face par face permet de trancher.

  2. 02

    Reprise de la maçonnerie

    Les joints dégradés sont dégarnis en profondeur, pas grattés en surface, puis rejointoyés au mortier. Une brique éclatée par le gel est remplacée. Le couronnement, souvent fissuré, est repris pour qu’il rejette l’eau vers l’extérieur au lieu de la retenir en cuvette. Cette étape passe avant le solin : refaire l’étanchéité sur une maçonnerie qui boit revient à traiter la sortie sans fermer l’entrée.

  3. 03

    Pose du solin

    Le métal est façonné aux dimensions de la souche, en pièces distinctes pour chaque face. La partie haute est engravée dans un joint dégagé puis calfeutrée, de sorte que l’eau qui descend la brique soit renvoyée par-dessus la bavette et non derrière. La partie basse recouvre largement la couverture. Côté amont, une bavette de rejet écarte l’eau du versant vers les côtés au lieu de l’envoyer buter contre la souche.

  4. 04

    Mitron et finition

    Un mitron ou un chapeau adapté empêche la pluie d’entrer directement dans le conduit tout en laissant le tirage se faire. Le modèle dépend de l’usage : un conduit encore raccordé à un appareil ne se coiffe pas comme un conduit abandonné. Nous nettoyons ensuite la zone, nous vérifions qu’aucune ardoise ni tuile n’a bougé autour, et nous suivons l’écoulement jusqu’à la gouttière.

Le choix à faire

Solin en zinc ou solin en plomb

Les deux métaux font le même travail et durent tous les deux longtemps dehors. Ce qui les sépare, c’est la façon dont ils épousent le support. Une souche d’équerre sur une couverture plane n’impose rien de particulier. Une souche ancienne, un peu biscornue, posée sur des tuiles à fort relief, oriente nettement le choix.

Solin en zinc

Quand la souche est régulière et la couverture plane : ardoises, tuiles plates, bardage. Le zinc se plie net et donne une ligne droite, qui reste discrète vue depuis le sol.

  • Pli net, arêtes franches et régulières
  • Se soude à l’étain sur les angles
  • Patine grise, s’accorde à la zinguerie

Solin en plomb

Quand le support est irrégulier : maçonnerie ancienne, tuiles à ondes profondes, angles qui ne sont pas d’équerre. Le plomb se travaille à la main et vient épouser chaque relief sans laisser de jour.

  • Se façonne à la main sur le relief
  • Épouse les tuiles à fortes ondes
  • Très souple, ne fissure pas au pliage
Sur nos chantiers

À quoi ça ressemble en vrai

Solin métallique en pied de cheminée sur une toiture en tuiles noires
Souche de cheminée en briques surmontée de mitrons en terre cuite
Souche de cheminée traitée en membrane d’étanchéité sur toiture plate
Questions fréquentes

Ce qu’on nous demande sur ce poste

Ma cheminée ne sert plus, faut-il la démonter ?

Pas nécessairement, mais une souche à l’abandon devient un point d’entrée d’eau permanent que personne ne surveille, justement parce qu’elle ne sert plus à rien. Deux voies. Soit on la conserve pour l’aspect : la maçonnerie est reprise, le solin refait, et le conduit coiffé d’un chapeau qui le laisse respirer sans laisser entrer la pluie. Un conduit fermé hermétiquement retient l’humidité et la renvoie à l’intérieur. Soit on la démonte. Elle est alors arasée sous le niveau de la couverture, et le trou refermé avec la charpente, l’écran de sous-toiture, le liteaunage et le matériau de couverture, de façon à ce que rien ne se devine depuis la rue. C’est un choix esthétique autant que technique, et il vous appartient.

Peut-on simplement recimenter le tour de la cheminée ?

C’est ce qui a souvent été fait avant nous, et c’est en général la raison pour laquelle vous appelez. Un bourrelet de ciment entre la brique et les tuiles tient un an ou deux. Ensuite il se fissure, parce que la charpente bouge avec les saisons, parce que le métal se dilate, et parce que le ciment n’a aucune souplesse. Le pire, c’est que la fissure ne se voit pas : elle est fine, orientée vers le bas, et elle conduit l’eau à l’intérieur exactement comme un entonnoir. Un solin correct ne compte pas sur du ciment pour son étanchéité. Il est engravé dans la maçonnerie en partie haute et recouvre la couverture en partie basse. C’est la géométrie qui fait le travail, pas le mastic.

Le ramonage et vos travaux, est-ce la même chose ?

Non, ce sont deux métiers différents. Le ramonage concerne l’intérieur du conduit, la suie, les dépôts et le tirage, et il relève du ramoneur, avec l’attestation qui va avec. Nous intervenons sur l’extérieur : la maçonnerie de la souche, le solin, le couronnement, le mitron et la couverture autour. Les deux se croisent sur un point. Un conduit qui prend l’eau par le haut s’encrasse plus vite et dégrade son propre chemisage, et une souche fissurée peut poser une question de sécurité sur un conduit en service. Si nous remarquons quelque chose d’anormal à l’intérieur en posant un mitron, nous vous le signalons et nous vous orientons vers un ramoneur. Nous ne nous prononçons pas sur la conformité d’un conduit.

Le solin doit-il être refait quand on remplace la couverture ?

Oui, systématiquement. Le solin est pris entre la maçonnerie et le matériau de couverture : déposer les tuiles ou les ardoises autour de la souche libère forcément sa partie basse, qui ne se repose pas proprement une fois pliée et déclouée. La remettre en place reviendrait à rendre le point le plus fragile du toit à son état d’origine, au moment précis où tout le reste est neuf. Le surcoût reste modeste rapporté au chantier, puisque l’accès est déjà là et l’échafaudage monté. C’est aussi l’occasion de regarder les joints de la souche depuis le versant dégarni, ce qu’on ne peut pas faire autrement.

Peut-on démonter une cheminée sans autorisation ?

Cela dépend de ce qui se voit depuis la rue. Araser une souche modifie l’aspect extérieur du bâtiment, et votre commune peut l’encadrer, d’autant plus dans un noyau villageois ou un périmètre protégé. Un coup de fil au service urbanisme avant de décider coûte cinq minutes et évite une remise en état. Il y a par ailleurs un second point à régler avant de démonter : si un appareil de chauffage est encore raccordé au conduit, il lui faut une évacuation avant la dépose, pas après.

Cheminées et solins

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